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La Véritable Histoire du groupe « violences faites aux femmes »

23.10.2016

Suite à des écrits envoyés aux uns et aux autres et à des échos très outrageux qui sont arrivés à mes oreilles et à mes yeux "sensibles"...Je vais vous raconter une petite histoire vraie, pas très ancienne, mais qui vaut le coup d'être racontée. Elle pourra intéressée vos ami-e-s, épouses, époux, enfants (filles ou garçons), parent-e-s, grands-parents (vos grands-mères seront sans doute toute ouïe !) ...Et c'est aussi pour que tout le monde se souvienne bien...

La Véritable Histoire du groupe « violences faites aux femmes »


Un jour de printemps 2013 à Lille, une fille du Syndicat des Femmes Chirurgiens-Dentistes (Marie, Sylvie, Evelyne...?), je ne sais plus très bien laquelle, mais peu importe... nous a fait rencontrer une très belle personne qui s'appelle Ernestine. Ernestine Ronai qui n'est autre que la "Coordinatrice nationale « violences faites aux femmes » de la Mission interministérielle pour la protection des femmes victimes de violences et la lutte contre la traite des êtres humains (MIPROF).

De gauche à Droite :

  Evelyne Peyrouty

  Annie Garcia

  Ernestine Ronai

  Sylvie Ratier

  Nathalie Ferrand

 

Ernestine nous a présenté son travail, sa mission et son projet. Le but de sa visite était sans doute de faire connaissance avec ce groupe de femmes "chirurgiennes-dentistes" (comme elle aime nous nommer), mais surtout de nous impliquer dans la mission d'information et de formation des chirurgiens-dentistes (comme le veut la loi du 4 août 2014 : obligation de formation initiale et continue de tous les professionnel-le-s en contact avec des femmes victimes de violences).

Bien sur, le SFCD n'a pas été difficile à convaincre puisque depuis 80 années, des femmes de notre chère profession s'investissent pour défendre, soutenir, fédérer et informer les femmes Chirurgiennes-Dentistes... Mais veillent aussi à ce que le-la patient-e soit au cœur de nos préoccupations. Donc c'était une évidence pour le SFCD de s'impliquer à 100% dans cette mission.

Après réflexion, nous nous sommes rendues compte que la tâche n'était pas simple. Cela ne nous a pas arrêté. Le SFCD est composé de filles formidables, intelligentes, combatives, courageuses, travailleuses, dévouées, honnêtes... et qui prennent à cœur leur mission de professionnelles de santé pour soigner au mieux chaque patient.

Organiser une telle diffusion d'informations était tout à fait naturelle pour nous mais c'est aussi un travail de titan qui va nous demander beaucoup d'investissements. Et là encore rien ne nous arrête. Donc dès les semaines suivantes nous diffusons l'information sur notre site  et dans les revues (comme celle du printemps 2014 avec un très bel article d'Ernestine sur le sujet).

En 2014 nous diffusions un questionnaire pour la profession qui nous permettra d'avoir quelques chiffres sur l'intérêt que portent les chirurgiens-dentistes à cette affaire. Et surprise : les CD se sentent concernés... mais ne sont pas assez formés !!!

Organiser la formation des professionnel-le-s en odontologie et médecine bucco-dentaire demande beaucoup plus de travail et de participation de nos consœurs et confrères. Donc, le SFCD a été missionné par la MIPROF pour constituer un groupe de travail avec les représentants de notre profession….

Et là ça se complique un peu...

Les demandes et envois de courriers et courriels aux différents organismes professionnels et aux instances de la profession pour constituer ce groupe ont été nombreux... Mais les réponses ont été très peu nombreuses. Soit, le groupe a été constitué avec les quelques responsables en plus de celles du SFCD : AFIO, UD anciennement UJCD, CNSD, et UFAD.

Quelques réunions et discussions ont suivi, mais il manquait une instance importante à ce groupe pour rendre ce travail "officiel" aux yeux des ministères concernés : le CNOCD (Conseil National de l'Ordre des Chirurgiens-Dentistes) qui se devait de siéger à ce groupe de travail.

Donc nous voilà tous partis à la conquête du CNO lors du congrès de l'ADF 2015 pour les convaincre de participer à ce groupe de travail. Nous avons même provoqué une rencontre de certains représentants du CNO avec Ernestine Ronai et Annie Garcia, lors de notre cocktail d'anniversaire des 80 ans du SFCD !

Lors de la réunion suivante au ministère de la santé nous avons eu le plaisir d'accueillir Geneviève Wagner (secrétaire générale du CNO) et Stéphanie Ferrand (juriste au CNO) dans notre Equipe qui pouvait enfin poursuivre son travail d'organisation de la formation des référents de la profession et pour valider le certificat médical initial qui est très important d’établir lors d’une agression physique d’un-e patient-e.

Et là... quelques surprises nous ont confrontés à la dure réalité du fonctionnement de notre instance hiérarchique.

Nous félicitons d’ailleurs le CNO pour son efficacité et sa rapidité d’action à mettre toutes les informations sur leur site officiel (CMI, fiche d’explications…). Mais au lieu de travailler en groupe et concerter les autres membres du groupe de travail, pour choisir l’affiche, celle-ci a été imposée et mise en ligne sans concertation ! Devant le fait accompli le groupe et la MIPROF ont été dans l’obligation de valider l’affiche déjà diffusée. (lettre 146 web)

Aussi, les informations mises en ligne et écrites dans la revue « la Lettre (150 web pg 20)» nous ont surprises car elles ne correspondaient pas tout à fait aux décisions qui étaient prises en réunion. La recherche de référents à autrui demandés par le CNO ne correspondait pas tout à fait à la recherche de référents « violences faites aux femmes » de la MIPROF. Mais soit, ces petits différents et incompréhensions étant réglés dans une réunion suivante par des explications assez simples : « Si nous avions demandé des référents « violences faites aux femmes » nous n’aurions eu personne ! ». Tels étaient les mots de la secrétaire générale du CNO !!! Cette affirmation surprenante a laissé quelques personnes sans voix !

Après cet incident, tous les représentants du groupe de travail ont pu commencer à recueillir des candidatures (cliquez ici pour avoir des informations sur l'inscription à la formation des référents "violences faites aux femmes"du 7 décembre 2016) par leur propre moyen et dans leur cercle d'adhérents et de connaissances… et là encore le SFCD est confronté à de vives critiques sur cette recherche de référent-e-s... Nous sommes accusées de faire de cette urgence de santé publique notre propre publicité, « pour augmenter la représentativité de notre syndicat », ou pour se faire de l’argent !!! …????

Et là, c’en est de trop !!! Nous parlons bien de « violences faites aux femmes » et ce genre d’accusations calomnieuses sont extrêmement désagréables à entendre. Mais dans quelle profession nous trouvons-nous ?

Organiser des formations de qualité et utiles pour la santé publique est très compliqué à mettre en place et demande pas mal d’investissements ! Le SFCD ne se fait pas de publicité sur ce genre de sujet et encore moins de l’argent sur les formations !!! D’autres organismes de formations peu scrupuleux s’en chargeront bien !

Le SFCD demande un minimum de considération et de respect de nos pairs pour le travail accompli. Notre légitimité et notre représentativité n’est plus à prouver. Les femmes ont le droit à l’égalité, même dans leurs idées.

Il n’est vraiment pas utile, à chaque fois que le SFCD donne son opinion et participe au débat, d’avoir des arrière-pensées néfastes qui font perdre du temps à tout le monde !!!

Patricia HUEBER-TARDOT, Présidente SFCD

 

... A SUIVRE...

En attendant, pour ceux et celles qui se sentent vraiment concernés, venez assister au colloque de la MIPROF le 25 novembre 2016 (cliquez ici pour avoir le programme et les modalités d'inscriptions)