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Rééducation des fonctions dans la thérapeutique orthodontique

01.11.2007

Rééducation de la déglutition

Pour faciliter certains traitements d'orthopédie-dentofaciale (ODF) et pour que les dents restent stables au sein des arcades, il est nécessaire qu'il y ait un équilibre entre l'enveloppe musculaire périphérique et la langue et que la respiration soit nasale.

L'orthodontiste peut alors prescrire une rééducation des fonctions pour atteindre des objectifs précis dont le rôle est de :

- faire découvrir au patient un comportement nouveau de la langue, de la sangle oro-labiale, de la respiration
- lui donner les moyens de s'adapter à cette nouvelle fonction : renforcement de la musculature, suppression des tensions, développement de la proprioception
- obtenir une automatisation des fonctions et créer un nouveau comportement entièrement réflexe

On ne parlera ici que de la rééducation de la déglutition.

La différence entre les deux types de déglutition se trouve dans l'action des muscles :

1. déglutition adulte :

pendant la déglutition adulte, ce sont les muscles masticateurs seuls qui agissent et la pointe de la langue se positionne sur les papilles palatines

2. déglutition infantile :

pendant la déglutition infantile, ce sont les muscles buccinateurs des lèvres et de la succion qui agissent et la langue vient s'appuyer contre les dents de devant ou parfois même, s’interposer entre les dents.

L'examen de la déglutition montre souvent que celle-ci est encore atypique. L'absence de passage de la déglutition infantile ou atypique (déglutition succion ) à la déglutition de type adulte peut être a l'origine de désordres squelettiques, dento-alvéolaires, radiculaires et articulaires compliquant le traitement orthodontique avec des risques de récidive (réouverture d'une béance ou réapparition d'un décalage entre les 2 maxillaires ).

II convient donc d'entreprendre une rééducation active. Celle-ci peut débuter des l'age de 8, 9 ans, stade de maturation de l’organisation sensorimotrice, mais demande une grande motivation du patient rendu acteur de sa santé. Le rôle des parents est celui de contrôle et de soutien. Ils sont informés de la nécessité des exercices et peuvent effectuer un contrôle visuel.

Les exercices et les résultats

10 minutes par jour suffisent pour l’exécution des exercices sous forme de jeu et pour rappeler à l'enfant de mettre sa langue en bonne position plusieurs fois par jour

1. position de repos :

La langue doit être plaquée contre le palais.

Jeu du galop de cheval : devant un miroir pour le contrôle visuel, faire claquer le dos de la langue contre le palais pour imiter le bruit des sabots de cheval (position de ventouse ) ; même chose avec les dents serrées. Le patient doit ensuite placer sa langue sur son palais le plus souvent possible dans la journée.

2. exercices de déglutition :

Le sourire du clown : Avaler la salive en serrant les molaires du fond et en étirant tes lèvres (comme pour dire «che») sans bouger les lèvres et sans desserrer les dents.

Exercice de la paille : serrer une paille entre les dents et avaler la salive en gardant la langue au-dessus de la paille sans contracter les lèvres et sans desserrer les dents. Exercices de déglutition à faire devant un miroir.

Pour déglutir correctement, il faut respecter 4 points :

- appuyer la pointe de la langue sur le palais sur les papilles palatines

- serrer les dents : les molaires doivent être en occlusion

- déglutir sans bouger la pointe de la langue

- garder lèvres joues et menton immobiles

Certains patients déglutissent correctement dès que les molaires sont en occlusion.

Exercices de déglutition des liquides : au début du repas l'enfant doit déglutir 10 fois de suite 1 demi cuillerée d'eau avalée dents serrées.

3. auto-contrôle et résultats

Pendant la journée noter sur la fiche d'auto-contrôle le nombre de déglutitions correctes. On peut rencontrer plusieurs types de difficultés :

- la langue travaille correctement mais les lèvres participent toujours à la déglutition : il faudra faire travailler le patient lèvres entrouvertes en insistant sur la pression linguale au palais

- la déglutition est difficile chez l'enfant trop avide de bien faire. La langue est haute, les lèvres non crispées mais le déclenchement de la déglutition ne se fait pas. Nous demandons alors à l'enfant d'avaler en imitant certains oiseaux qui par un mouvement du cou accompagnent la déglutition.

- Certains patients (10%) malgré leurs efforts n'obtiennent qu'une mauvaise déglutition. C'est l'impasse.