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Les assistantes dentaires

01.11.2011

Historiquement, le métier d’assistante dentaire a permis de faire évoluer le personnel(1) en place dans les cabinets dentaires par le biais du dispositif de la formation continue, pour le professionnaliser en le qualifiant. 

L’obligation pour les chirurgiens dentistes d’engager du personnel qualifié ne s’est pas accompagnée de la mise en place d’une formation initiale d’assistante dentaire. Les chirurgiens dentistes ont alors dû assumer la formation de leur personnel. Le métier d’assistante dentaire est une des rares professions où la seule voie de professionnalisation passe par un contrat de travail : il faut trouver un employeur pour accéder à la profession. Les centres d’orientation ne peuvent donc pas diriger les élèves vers cette profession.


Aujourd’hui, le contrat de professionnalisation entraîne un engagement de 18 mois entre le praticien, l’assistante dentaire stagiaire et le centre de formation. Dès le départ, l’embauche du stagiaire est obligatoire (CDD, CDI, Contrat de formation). Il n’y a pas d’autre alternative car il n’existe pas d’accès direct à une formation initiale. Cette situation aboutit à une difficulté d’embauche. Les chirurgiens dentistes employeurs financent, seuls, cette formation professionnelle, par le biais des cotisations obligatoires de formation professionnelle (collectées par AGRR pour l’OPCA), normalement prévue pour la formation continue.

Concernant la formation actuelle, nous constatons des disparités d’un centre de formation à l’autre. Les chirurgiens dentistes ne peuvent pas toujours assumer la tâche et la responsabilité de tuteurs. D’autre part, l’approche de la formation est unilatérale, c’est à dire essentiellement basée sur le chirurgien dentiste. La formation serait plus complète si intervenait d’autres acteurs en tant qu’initiateurs et modèles. Ils doivent former non pas un chirurgien dentiste mais une assistante dentaire, donc une personne appelée à exercer un métier différent. Le chirurgien dentiste ne peut servir que dans l’explication et non pas dans le modèle, de plus, il ne peut initier d’autres limites que celles qu’il se fixe et non celle de la profession en elle même.


L’ensemble de la profession dentaire gagnerait à la création d’une véritable formation initiale d’assistante dentaire parallèlement à la formation continue professionnelle existante. L’ensemble de la profession gagnerait à une augmentation de leurs compétences. Alors que la loi Fourcade venait de les inscrire, cet été, au Code de la Santé Publique, le Conseil Constitutionnel a censuré cette proposition. Le statut quo persiste sur leur statut alors que notre profession gagnerait à engager un réel débat de fond sur ce thème.


Aujourd’hui, les fiches de poste de nos aides dentaires et de nos assistantes dentaires diffèrent par la seule possibilité pour les secondes d’assister le praticien au fauteuil. Ce sont deux donc deux métiers identiques avec seulement une option supplémentaire pour les secondes.


Délégation de tâches, augmentation du niveau de qualification doivent constituer le deuxième pas. Cette coopération entre praticien et assistante doit être parfaitement maîtrisée et encadrée, et toujours placée sous l’autorité et la responsabilité du chirurgien dentiste.


Cette coopération donnerait ainsi à l’assistante dentaire un réel rôle d’assistance du praticien à savoir :


• préparation au diagnostic : préparer le BBD, les bilans, les interrogatoires médicaux, en orientant les patients,

• préparation à l’acte : préparer le patient, le plateau, la séance de soins, prise de clichés radio, préparation des moulages, …

• préparation des patients aux apports pédagogiques : apprentissage du brossage, des notions d’hygiène essentielles, des notions de nutrition essentielles globales,

• organisation de l’urgence, aide à la maintenance.


La traduction concrète de cette proposition trouvera son aboutis- sement dans l’instauration d’une formation initiale d’assistante dentaire.


Cela aurait pour conséquences :

• de former les assistantes à un niveau de départ supérieur (post bac),

• de renforcer leur cursus,

• de les encadrer par du personnel enseignant adapté existant déjà et très performant, constitué de pairs, de personnes connues et reconnues pour leur compétence et leur expérience des cabinets dentaires, de chirurgiens dentistes,

• de renforcer le contenu d’apprentissage en centre (travaux pratiques, mises en situations) mais aussi de favoriser de la mise en place de stages pluriels et surtout variés (cabinets libéraux de groupes ou individuels, centres mutua- listes, centre de soins…) afin que les personnes formées aient une vision globale de leur métier,

• de ne pas faire d’emblée du maître de stage un employeur,

• de « mettre sur le marché du travail » des assistantes qui pourraient ainsi constituer un pool de personnel pour assurer des remplacements, de l’intérim : aujourd’hui il est quasiment impossible de remplacer une de nos assistantes malade ou en maternité par une autre assistante qualifiée, faute de main d’œuvre disponible.


1 Constitué à l’origine par les épouses de nos confrères.