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L’écriture inclusive, trop compliquée pour l’ADF ?

26.04.2019 par Nathalie Delphin

Vendredi 12 avril se tenait à Paris l’assemblée générale de l’ADF.
A cette occasion a eu lieu l’élection du comité directeur de l’association. C’était une première pour moi, en tant que présidente du SFCD.

Et comme à chaque fois, en tant que nouvelle venue la même question m’a été posée plusieurs fois : « pourquoi existe-t-il encore un syndicat de femmes en 2019? ».

Mes convictions pourraient finir parfois par s’éroder lorsque je répète le plus pédagogiquement possible mon encyclopédie « SFCD ».
Heureusement ma crainte de m’épuiser dans une nième discussion sur la nécessité du féminisme s’est évanouie, car la réponse est apparue d’elle-même, donnée par les votes successifs.
La majorité des candidatures de femmes a été éliminée consciencieusement, sans état d’âme, implacablement.

Au final la réponse à la fameuse question apparaissait sur la mine réjouie des mâles blancs élus : le féminin peut être un élément de discussion à but électoral (congé maternité, prévoyance, violences faites aux femmes …) mais ne peut pas apparaître dans un organe décisionnel de la profession tel que l'ADF.

Oui mesdames, inutiles de vous préoccuper de votre avenir car des hommes - providentiels, évidemment - vont s’en occuper pour vous.
Ainsi il semblait que le sourire narquois des hommes qui me posaient cette fameuse question signifiait : il n’y a pas besoin d’un syndicat de femmes, puisque ce seront toujours des hommes qui seront élus.

Ceci m’a amenée à me poser une autre question : est-ce que les femmes qui s’investissent dans les autres syndicats espèrent assumer un jour des responsabilités à l'ADF ?

Il apparaît toujours que lorsque la profession n’est pas contrainte elle s’organise en meute patriarcale.
Voilà pourquoi le SFCD existe. Aujourd’hui, en 2019, la seule réponse à la question sur l’existence d’un syndicat féminin est apportée par le trombinoscope des nouveaux élus qui évite l’inconfort de l’écriture inclusive.

Que vaut la liberté, pour toutes et tous, de s’engager et d’œuvrer pour la profession, si seules quelques femmes (moins de 10%) sont élues dans son Parlement ?