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Vers une dentisterie sans PE

26.06.2016 par Nathalie ferrand

Le colloque du 23 juin au sénat a permis à toute une filière professionnelle de se retrouver autour d’un sujet de santé publique dont l’importance croit de façon exponentielle : les perturbateurs endocriniens.

La filière dentaire a relevé le défi sans se défiler de ses responsabilités, interpellée à double titre :
- Le BPA induit une pathologie dentaire qui touche désormais 15 à 18% des enfants de 6 à 9 ans : le MIH
- Certains de nos matériaux et produits dentaires contiennent des perturbateurs endocriniens.

Après de brillants exposés de recherche (revue bibliographique par Myriam ADIB-YAZDi, MIH et PR par Sylvie BABAJKO et Katia JEDEON de l’INSERM, PE et pathologies salivaires par Marie-Chantal CANIVENC de l’INRA, PE et rétention des deuxièmes molaires par Helène GUIRAL-DESNOES, la filière dentaire dans son entier a pu exposer ses points de vue : le Conseil National de l’Ordre, les syndicats (SFCD et CNSD) les assistantes dentaires (UFAD), ODENTH (association de dentisterie holistique), les industriels (le COMIDENT et un fabricant indépendant), et enfin la faculté (Ariane BERDAL, vice-doyenne de Garancière).

Les preuves de contamination et leurs conséquences sont établies : il s’agit désormais de mettre en place des actions concrètes pour participer à la diminution de l’exposition de la population aux perturbateurs endocriniens.
Des pistes ont été évoquées, comme notamment la création d’un registre pour une enquête épidémiologique à laquelle participeraient les praticiens de terrain, qui feraient part de leurs observations cliniques sur leurs petits patients.

Des actes du colloque seront prochainement disponibles sur notre site.

Le SFCD est très fier d’avoir été à l’initiative de ce colloque. Le positionnement médical sur cette question majeure de santé publique (les pathologies, notamment les cancers hormono-dépendants, liés aux perturbateurs endocriniens sont en très forte hausse) comme le croisement des visions de secteurs de la filière qui ne se rencontrent jamais ont permis de constater une volonté commune d’agir.
Maintenant que nous avons osé nous rencontrer, osons faire ensemble !

Si la question des normes peut se voir comme une contrainte supplémentaire, elle est aussi une protection pour nos patients, nos équipes et nous-mêmes.
La substitution de matériaux par d’autres, évoquée par JL Roumégas, député qui a conclu le colloque, est une piste qui a soulevé d’autres questions : faut-il remplacer un produit toxique par un produit dont on ne sait pas si il est toxique ? faut-il revoir nos protocoles de soins ? Sachant que le meilleur matériau reste la dent elle-même, ne sommes-nous pas sur une réponse médicale de prévention à privilégier ?
Les réponses de l’ANSM, de la DGPR comme de Santé Publique France nous ont permis d’apprécier la nécessité d’échanger sur nos approches : ce colloque ouvre une voie à bien d’autres manifestations sur ce thème, car tout reste à faire.
Il est difficile d’affirmer qu’un problème n’existe pas simplement parce que les recherches n’ont pas encore été menées !