Sfcd > Actualités > Le nouveau cocktail détonnant

Le nouveau cocktail détonnant

05.02.2018 par SFCD

Ordonnances sur les centres de santé, reste à charge comportemental, accès des complémentaires aux données de santé

La cadence de sortie de textes s’accélère. A en donner le tournis ! D’autant plus que les questions s’accumulent sans avoir trouvé leurs réponses.
 

Des investisseurs à but lucratif et des travailleurs bénévoles pour les centres de santé sont les grandes nouveautés. A qui fera-t-on croire que l’interdiction de publicité et de versement de dividendes aux actionnaires résisteront aux règles du jeu de la libre concurrence ?

Une prise en charge pour un reste à charge zéro, soumise au bon comportement du patient alors qu’apparaissent des maladies liées à l’environnement : n’est-ce pas un jeu de dupe pour le patient qui se retrouve avec la patate chaude de la culpabilité, que la Profession lui transmet ?

En quoi l’accès aux données de santé, réclamé par les complémentaires pour des actions de prévention et des primes au bon comportement, va-t-il nous rendre moins malade ; alors que la France n’est pas capable de maintenir un niveau de pollution atmosphérique compatible avec les exigences de santé définies par l’Europe.

Tous ces coups de boutoirs, donnés par tous ces acteurs (y compris notre profession !), mettent à mal l’éthique médicale, en déconstruisant les règles déontologiques qui protègent le malade. Le soin médical n’est pas une vente commerciale.

Si le code de la consommation protège la personne fragile (personne âgée, vente à domicile), il ne protège pas la personne rendue vulnérable par la maladie : la douleur, la peur et la solitude font que le malade n’est pas un consommateur de ses soins.
Le malade se soigne parce qu’il en a besoin.
Bâtir une économie sur la maladie est une vision courtermiste et prédatrice.
Et dangereuse, car au-delà de l’économie, si les conséquences sociales d’une déstabilisation de notre système de soin français sont inévitables (augmentation des inégalités sociales), l’étendue des conséquences politiques, elle, n’est pas prévisible pour l’instant.

Le monde que nous nous sommes construit nous rend malades : il y a urgence à reprendre le chemin de la santé. En s’attaquant aux causes des maladies avant d’en exploiter les conséquences, en respectant la vulnérabilité du malade et non en le transformant en consommateur, en respectant l’engagement médical éthique du soignant et non en le culpabilisant de ne pas être rentable ou d’être trop dépensier.

Osons dire haut et fort que nous ne voulons pas de ce monde-là !