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Les modes d'exercice

13.10.2011

Au mois de juin, le SFCD, en la personne de Marie Brasset notre trésorière, a été reçu par le cabinet de M Xavier Bertrand, Ministre du Travail, de l'Emploi et de la Santé, afin de faire des propositions concrètes. Nous avons évoqués 4 sujets, thèmes de nos axes de réflexion en 2011 (les Assistantes dentaire, la nouvelle convention, les relations avc les complémentaires et les modes d'exercice). Nous vous livrons ci-dessous le dernier courrier que nous lui avons adressé :

A l’attention de Monsieur Xavier Bertrand, Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé

Monsieur le Ministre,

Nous sommes honorées de votre réponse et vous en remercions.

Le tout nouveau mode d’association défini par la SISA, fort innovant, répond à des objectifs bien précis qui ne s’appliquent que peu à notre profession.

Pour notre part, nous n’avons pas suivi les mêmes pistes de travail, même si nous nous sommes attachées à rechercher des solutions pouvant palier le déficit de praticiens dans certaines zones géographiques.

Aujourd’hui, l’exercice en solitaire devient de plus en plus périlleux.
Aujourd’hui, nos jeunes ne souhaitent plus se sentir prisonniers d’un mode d’exercice.

A coté du salariat, de la collaboration et des nombreux modes d’association, il serait peut être judicieux de développer un mode d’exercice alternatif : une possibilité de regrouper les professionnels de santé sans forcément les lier juridiquement par un contrat d’association. Cela favoriserait la mobilité des praticiens dans sa globalité : espace, temps, particularités et spécificités générées par la pratique de la médecine buccale pour ce qui nous concerne.
Le mode d’exercice ne serait plus alors un carcan, choisi ad vitam aeternam, dans lequel on ne peut entrer et sortir que difficilement, mais plutôt un outil utilisable en fonction de ses besoins et de ses objectifs, que ceux-ci soient professionnels ou personnels, mais aussi et surtout en fonction des besoins de la patientèle.

Tout comme aujourd’hui, dans la vie civile, il existe l’union libre, dans la vie professionnelle, il pourrait exister un mode d’exercice qui soit calqué sur le même principe, dans le but de permettre l’évolution de carrière du praticien, un « exercice libre » en somme.
Cette faculté nouvelle, donnée aux praticiens, ne signifierait ni absence de responsabilité ni absence de règles et de devoirs. Ce sont à ces derniers qu’il convient de réfléchir, afin que les praticiens désireux de travailler ensembles, sans forcément être associés, soient en situation de sécurité juridique et administrative globale.

Réfléchir sur un tel sujet constitue un défi majeur : tout comme dans la société civile la mise en place des unions libres a nécessité une évolution certaine des mentalités, ce nouveau mode d’exercice passera, lui aussi, par l’adaptation de nos façons de travailler aux impératifs du XXIème siècle que nous ne pouvons plus ignorer. Les données socio-psychologiques changent, nous devons en tenir compte. Eviter l’isolement du praticien, privilégier la proximité patient/praticien, favoriser l’adaptation du mode d’exercice aux besoins d’évolution du praticien sont des questions auxquelles nous nous devons d’apporter des réponses.

Ce défi doit être relevé, car il constitue, à notre sens, une des solutions, qui pourrait être apportée au problème de désertification médicale inhérent à certaines zones géographiques.

Nous nous tenons à votre disposition pour un rendez vous qui nous permettrait d’aller plus en avant dans l’exposé de notre réflexion et sa mise en oeuvre.

Espérant avoir retenu votre attention, nous vous prions de recevoir, Monsieur le Ministre, l’expression de notre considération distinguée.