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Les chirurgiens dentistes femmes en TURQUIE à travers le témoignage d’Arzu.

19.09.2006

Au mois de juin 2006, j’assistai à une journée singulière : le 1er Symposium des femmes implantologistes (SNIF).

Ne se sont succédées aux exposés que des consœurs et parmi l’auditoire une majorité de femmes. C’est ainsi que je rencontrais Arzu, notre consœur d’ISTANBUL, qui a bien voulu répondre à mes questions.
 

La TURQUIE est un pays laïc situé aux confins de l’Europe et de l’Asie, aux paysages divers et variés : côtes à l’ouest et au nord, cheminées de fées en Cappadoce, montagnes à l’Est.

73.7 Millions d’habitants pour 776 000 km2.

La population a tendance à se concentrer dans les villes au détriment des zones rurales, suivant un mouvement que l’on observe dans tous les pays du globe.

La Turquie compte 21002 chirurgiens dentistes dont 41% de femmes et 59% d’hommes : essentiellement en exercice libéral pour 80% d’entre eux et 20% dans les services publics.

Ils se répartissent dans les 81 villes du pays dans les proportions suivantes :

• ISTANBUL compte 12 millions d’habitants et 5888 dentistes
• ANKARA, la capitale, 4 millions d’habitants compte 2793 dentistes
• IZMIR, sur la côte méditerranéenne, 3 millions d’habitants compte 1743 dentistes
• ANTALYA, plus au sud, 45000 habitants et 736 dentistes

 

La répartition des deux sexes selon les âges est de :

  Femmes Hommes
Entre 21 et 35 ans 56% 44%
Entre 35 et 45 ans 50% 50%
Entre 45 et 55 ans 42% 58%
Au dessus de 55ans 16% 84%

Il est intéressant de constater une progression de la gente féminine dans les études dentaires.

Tous les bacheliers passent un examen pour rentrer à l’université d’état ou privée. La Turquie compte 18 facultés dentaires dont trois à ISTANBUL.

Les études durent cinq ans avec trois années consacrées à la théorie et travaux pratiques hors sujets vivants, les deux dernières années sont consacrées à la clinique.

Selon une enquête récente :

Dans les universités privées : 45% d’étudiantes et 55% d’étudiants s’inscrivent en dentaire et 33% d’entre ont un parent dentiste.

Dans les universités d‘Etat : 57% d’étudiantes et 43% d’étudiants inscrits en dentaire et seulement 3% ont un parent dentiste.

Le coût des études est un facteur sélectif.

Plus d’hommes s’orientent en chirurgie mais les femmes s’orientent en implantologie et réussissent parfois mieux que les hommes.

Arzu est une consœur dynamique. Etudiante francophone, elle s’est spécialisée très rapidement en implantologie, persuadée que cette discipline allait lui convenir et se développerait également en TURQUIE comme dans les autres pays du monde.

Se tenant au courant de la littérature étrangère, elle n’a pas hésité à franchir la frontière et apprendre l’implantologie à LILLE, où elle a obtenu son diplôme universitaire, major de sa promotion.

Rentrée à Istanbul en 1994, elle ouvre sa clinique dentaire où elle exerce aujourd’hui. Elle fonde également DENTAKADEMIA en 2004, centre de cours en implantologie.

Là je cite Arzu qui nous parle très bien de son métier et qui le fait avec passion :

« Dans les cours où les participants viennent de toutes les régions de TURQUIE, des cours et des symposiums sont organisés avec des spécialistes Turcs et étrangers.

Quand je suis rentrée à ISTANBUL, l’implantologie n’était pas très répandue auprès des patients et confrères et j’ai plutôt rencontré une opposition. Ma ténacité a fait qu’aujourd’hui ce sont les patients qui sont demandeurs et que l’implantologie est une discipline mieux comprise et acceptée par mes confrères.

Lorsque je dispense des cours à DENTAKADEMIA, je constate un intérêt identique des hommes et des femmes mais ces dernières osent moins et se mettent moins en avant que les hommes à mon grand étonnement. Je les encourage moi-même, n’hésitant pas à les assister au cours de l’acte chirurgical.

Des consœurs vivent et travaillent dans les universités étrangères mais peu donnent des conférences.

En TURQUIE, il n’existe pas d’association de chirurgiens dentistes femmes comme la vôtre,
Mais très prochainement je m’y lancerai volontiers et de tout mon cœur.

Pour l’avenir, je souhaite que la TURQUIE n’ait pas de complexes en matière de dentisterie, qu’elle prenne sa place dans les disciplines telle que l’implantologie et que les formations universitaires atteignent le niveau de pratique des cabinets.»

Arzu participera le 18 octobre prochain au 2ème Symposium mixte, cette fois, des implantologistes
Pourquoi un Symposium organisé par des femmes compétentes ne s’appellerait-il pas Symposium des femmes implantologistes ? Aurions-nous quelques réserves séculaires à faire reconnaître nos compétences ?