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Le patient au cabinet dentaire

12.09.2008

L'ACCUEIL DU PATIENT

Les patients attendent de notre part et de celle de nos salarié(e)s un bon accueil.

Souvenez vous, l'enquête de la SOFRES commandée par I' ADF en 2001 avait revélé que pour 45 % des personnes interrogées, les relations humaines (absence d'écoute, de cordialité ou d'explication sur les soins apportés) étaient le deuxième motif de non fidélité au praticien, après l'absence de propreté et d'hygiène et avant la douleur ressentie lors des soins.

C'est dire l'importance que revêt donc non seulement le premier rendez-vous, mais toute la gestion du passage du patient au sein du cabinet.

Pour savoir l'accueillir, il faut connaître son patient. Pour mieux le satisfaire, il convient donc de l'appréhender dans toute sa spécificité.


CONNAITRE SON PATIENT

 

Quel est l'intérêt pour l'équipe dentaire de connaître les patients ?

 

Au sortir de leur formation, en situation au cabinet, le chirurgien-dentiste tout comme l' assistante dentaire ou la réceptionniste réalisent très vite qu'avec les patients, rien n'est jamais comme dans les livres, et que les connaissances scientifiques ou techniques ne leur permettent pas toujours d'accueillir toute la complexité de l'humanité. La douleur, par exemple, bien qu'ils en connaissent tous les conséquences physiologiques,  peut les laisser démunis face à des réactions qu'ils vont parfois juger excessives, qu'ils vont vivre comme stresssantes ou sources de conflits difficiles à gérer. Sans parler de la peur et l'angoisse que peuvent ressentir certains patients avant même d'entrer dans le cabinet dentaire !

Pour que la relation thérapeutique soit menée à bien, l'ensemble de l'équipe dentaire va devoir s'attacher à comprendre le monde des patients, et de chaque patient en particulier. Ils vont devoir s'intéresser aux éléments dévoilés par ce patient, bien souvent «à l'insu de son plein gré» : ses gestes, l'expression de son visage, son ressenti émotionnel. Bien entendu, des outils tels que le questionnaire médical ou la fiche administrative permettront de poser les choses, d' établir un premier dialogue et un véritable contact pour avoir accès à l' ambiance professionnelle, la situation et les antécédents familiaux, ainsi qu'au contexte culturel.

C'est dans ce paysage que les membres de l'équipe dentaire vont identifier les besoins du patient. II s'agit pour eux d'individualiser et de « contextualiser » le patient.

En cela, cette vision ouvre une autre voie que les prises en charge de patients qui raisonnent sur le mode statistique ou possibilités financières :

- ou le patient entre dans un des modèles connus et reconnus, et il beneficie d'un traitement ;

- ou il n'entre pas dans les modèles standards, et ses chances d' améliorer son état bucco-dentaires seront faibles puisqu'il n'y a pas de solution évidente.

Mais soins et sciences humaines sont intimement liées, et vont bien au-dela de cette vision binaire. Le praticien peut dès lors tirer les conséquences thérapeutiques de cette écoute pleine de compréhension et d'humanité ; son écoute ainsi nourrie le rendant attentif à ce que ce patient-là a de particulier. Il lui présentera les meilleures solutions adaptées à ses besoins, quels qu'ils soient d'ailleurs (fonctionnels, esthétiques, etc). Pour parvenir à ce degrè de connaissance du patient, l' expérience est irremplaçable, mais elle ne suffit pas toujours.

Plusieurs méthodes, typologies, classifications peuvent ainsi aider le praticien, ainsi que l'ensemble de l'équipe dentaire à connaître et comprendre le patient dans toute sa dimension.

Classifications diverses et variées

1 Relation patient/praticien :  prévention et écoute

Selon P Hescot, on distingue aujourd'hui 3 types de patients :

- les « prévento-conscients » sont attentifs à leur santé comme ils le sont pour leur voiture ou pour tout ce qui relève de leur vie courannte. Ils représentent environ 1/3 de la population, soit plus de 25 millions de Français. Ils consultent d'abord pour rester en bonne santé et prévenir toute douleur ou soucis éventuels.

- le deuxième tiers consulte pour se faire soigner. Les patients viennnent trouver la solution à un problème dentaire plus ou moins grave. Pour eux, les rendez-vous chez le dentiste consistent uniquement à bénéicier de la compétence «technique» d'un professionnel de santé capable de résoudre tous les maux dentaires.

- enfin et malheureusement, le dernier tiers des Français, correspond à ceux qui fréquentent trop peu, voire pas du tout les cabinets dentaires. Les vieux clichés sont pour eux encore bien présents : le denntiste fait peur, le dentiste fait mal, le dentiste coute cher ...

Dans cette typologie n' apparaissent pas, fort heureusement les cas d'urgence, qui deviennent de plus en plus rare.  Aujourd'hui, les patients veulent avant tout être entendus, écoutés par leur dentiste. Ils ne viennent pas au cabinet simplement pour ouvrir la bouche, mais pour exposer leurs problèmes, leurs craintes, faire part de leurs attentes ... Du stade docile et ignorant le patient est passé à celui de consommateur éclairé et exigeant. La « patientèle » a évolue vers une clientèle. Le fait marquant de ces dernières années est l'avènement d'une logique de consommation. Le comportement des patients a changé envers le cabinet médical, tout comme celui des consommateurs des Français a changé envers la grande distribuution.

2 Relation patient/praticien : besoins en termes d'éducation thérapeutique

Pour chaque pathologie, la première étape consiste à définir les grands axes de l'éducation thérapeutique du patient et ce, par grands types de patients. Les premiers travaux semblent s' orienter vers une typologie sommaire en trois classes de patients, correspondant à des besoins de prise en charge différents. Cette typologie en trois classes, élaborée au départ pour les patients diabétiques par la Direction Générale de la Santé, semble être transposable, quelle que soit la pathologie, mais méritera probablement des adaptations en fonction de la pathologie.

Classe 1 : les patients stabilisés, ne nécessitant pas un traitement trop lourd de leur maladie. Leur prise en charge vise à leur permetttre d' acquérir :

- une connaissance de la maladie ;

- une information sur l'hygiène de la bouche et, plus généralement, à une hygiène de vie qui contribue à l'amélioration de leur état de santé bucco-dentaire ;

- une information relative aux différentes options thérapeutiques et aux droits de l'assurance maladie .

Le patient relevant de la classe 1 bénéficie d'une éducation thérapeutique qui lui permet de participer à sa prise en charrge en étant acteur de la surveillance de sa pathologie. Il acquiert les apprentissages cliniques et techniques fondamentaux nécessaires à une auto-surveillance. C'est le cas de nos patients qui ont un suivi régulier, qui sont dento et parodonto-conscients sans conduite à risques.

Classe 2 : ces patients présentent des besoins spécifiques qui rend l'éducation thérapeutique du patient plus complexe. Ces besoins spécifiques sont liés à des caractéristiques du patient qui supposent que le contenu de l'éducation soit différent, pour tenir compte notamment d'une pathologie nécessitant un traitement complexe (diabète insulino-dépendant ), de l' existence d'une ou plusieurs pathologies associées, d'une situation qui comporte un risque majoré (femme enceinte par exemple), ou encore d'un mode de vie particulier (sportifs notamment).

Exemples : patients particulièrement jeunes, femmes enceintes, sportifs, patients diabétiques insulino-dépenants, handicapés, cardiaques, ...

Classe 3 : ces patients présentent un déséquilibre marqué de la maladie, une décompensation ou des complications, liés à une non observance des recommandations formulées, ou survenant malgré le suivi des préconisations antérieures. Il s'agit donc de patients,  pour lesquels le risque de récidive est majoré, ce qui justifie un effort particulier.

Exemple : une parodontite qui« flambe » mais aussi tous les patients qui ne consultent qu'en désespoir de cause avec toute la bouche à revoir tant sur le plan carieux que prothétique et dont il faut refaire l'occlusion entre autre chose.

3 Relation patient/praticien et émotions

Une émotion a une manifestation interne et génère une réaction extérieure. Elle est provoquée par la confrontation à une situation et à l'interprétation de la réalité.

En cela, une émotion est différente d'une sensation. La sensation est directement associée à la perception sensorielle (relation à la température, à la texture...). La sensation est par conséquent physique. Quant à la différence entre émotion et sentiment, celle-ci réside dans le fait que le sentiment ne présente pas une manifestation réactionnnelle. Néanmoins, l'accumulation des sentiments peut générer des états émotionnels.

L'émotion peut se définir comme une séquence de changement d'état intervenant dans cinq systèmes organiques (cognitif, neuro-physiologique, moteur, motivationnel, moniteur), de manière interdépendante et synchronisée en réponse à l' évaluation de la pertinence d'un stimulus externe ou interne par rapport à un intérêt central pour l' organisme.

Deja en 1879, Charles Darwin, fondateur de la théorie de l'évolution, la définit comme cette faculté d' adaptation et de survie de l' organissme vivant. Il la voit comme innée, universelle et communicative. D'un point de vue comportemental, l'émotion est perçue comme un «motivateur», une entité qui influence le choix d'un individu en réponse à un stimulus externe ou interne. D' un point de vue socioculturel, les sentiments sont cette réponse donnée à une interaction avec nous-mêmes et/ou avec les autres. Une émotion existe à la fois dans la dimension personnelle et sociale de l'individu. Elle serait cette capacité d' adaptation et de changement, ce lien qui forme nos relations et nous met en interaction avec l'autre.

De récentes études en neurobiologie ont démontré que les émotions sont un mélange de plusieurs facteurs biochimiques, socioculturels et neurologiques (O'Regan, 2003). Elles se traduisent par des réactions spécifiques : matrices (tonus musculaire, tremblements ... ), comportementales (incapacité de bouger, agitation, fuite, agression ... ), et physiologiques (paleur, rougissement, accélération du pouls, palpitations, sensation de malaise ... ). Elles seraient à la base de nos réactions physiologiques et comportementales.

Marie Jose Ausonne, intervenante au cours de notre journée de formation développ2e avec FFCD sur le Patient, nous présente 7 classes de patients basées sur les émotions. Elle nous apprend à les repérer, les identifier correctement et nous donne les clés pour pouvoir les accueillir dans les meilleures conditions au cabinet dentaire.

Sylvie RATIER


LES PATIENTS RECUS EN URGENCE

 
L' Article R4127-245 code de la santé publique  : Il est du devoir de tout chirurgien-dentiste de prêter son concours aux mesures prises en vue d'assurer la permanence des soins et la protection de la santé. Sa participation au service de garde est obligatoire. Toutefois, des exemptions peuvent être accordées par le conseil départemental de l'ordre, compte tenu de l'âge, de l'état de santé et, éventuellement, de la spécialisation du praticien.
 

Voilà ce à quoi la loi nous oblige. Ensuite pour la gestion du quotidien, c'est au serment d'Hippocrate que l'on peut faire référence. Cependant, la réalité de nos activités nous fait considérer les choses sous d'autres angles de vue ; en effet 3 problèmes majeurs emergent :

- La désorganisation de notre planning quand on prend des urgences : sur ce sujet l'article du Dr Binhas vous donnera quelques pistes de reflexion et/ou des solutions

- La façon de nous faire honorer ces actes réalisés en urgence, qui sont souvent partiels et donc non cotables. Plusieurs façons sont couramment utilisées mais flirtent toutes avec l'illégalité car, en théorie, seul un acte fini est cotable ; or le fait de poser une obturation provisoire pour calmer une douleur appelle un acte qui sera par la suite remunéré. II est possible de coter une consultation à la condition expresse de faire cette consultation comme le prévoit la NGAP (voir page 26). On peut également, dans certains cas, compter un acte en  Hors Nomenclature (HN) si l'acte en question n'est pas inscrit à la NGAP (exemple rescellement d'une couronne). Et, il est enfin possible de compter un dépassement d'actes pour exigences particulières du patient c'est le "D E " pour dépassement exceptionnel de temps ou de lieu, mais comme son nom l'indique c'est une possibilité à n'utiliser qu'exceptionnellement ! et selon les départements, la tolérance des caisses d'assurance maladie est variable ! Ces différentes façons de faire seront sans aucun doute tolérées par les caisses, dans la mesure ou elles restent épisodiques. Or nous avons tous les jours des urgences à gérer ; donc le problème reste entier si l'on ne diminue pas le nombre de nos urgences grace à une analyse pertinente des appels et une gestion précise de la demande des patients.

- Le problème actuel des gardes des dimanches et des jours fériés pour les chirurgiens-dentistes est géré différemment selon les départements. Nous n'avons pas les mêmes contraintes que nos confrères médecins ! Et à vouloir toujours se comparer à eux ne perdons nous pas de vue les vraies problématiques de notre profession ?

Dr Karine GUITARD


DEPISTER, ANALYSER ET PREVENIR LES URGENCES AU CABINET DENTAIRE

Le problème :

Ce que, traditionnellement, les praticiens appellent des urgences peut, en fait, concerner des réalites bien distinctes. Or, le problème posé par la gestion des urgences est l'un des plus fréquents mais malheureusement des plus anxiogènes de notre pratique. II est important de procéder avec méthode et d'identifier clairement l'origine des urgences avant d'envisager toute solution. C'est pourquoi la première chose est de savoir à quel type d'urgence vous avez à faire. J' ai ainsi établi une classification des urgences et une méthode pour les gérer.

Les urgences internes concernent les Patients du Cabinet.

- Celles en cours sont celles des Patients en cours de traitement.

- Celles, intitulées «pas en cours " sont celles des anciens Patients qui appellent pour une urgence.

Les urgences externes concernent les Patients qui ne sont pas du Cabinet. Deux cas de figure se présentent :

- Le patient est un nouveau Patient désireux de continuer les soins chez vous

- II s'agit d'un Patient d'un autre cabinet dont le Praticien soit est absent soit ne peut recevoir l' urgence.

Bien que nous devrions théoriquement recevoir la plupart des Patients qui appellent pour une urgence, il est utile d'apporter des nuances afin de ne pas se retrouver noyer sous le flot d'urgences au détriment des Patients qui ont un rendez-vous. D'autre part, il est important que l' assistante au téléphone évalue le degre de l' urgence.

En général, il existe 3 types d'urgences :

- Les urgences douloureuses (pulpites, abcès, etc.)

- Les urgences esthétiques (dent visible cassée, etc.)

- Les urgences psychologiques (patients anxieux, non informés des suites opératoires, etc.)

L'ordre de priorité dans la prise de RDV est celui indiqué ci-dessus. J' ai pu constater que les cabinets qui demandent à leurs Patients de téléphoner lorsqu'un problème survient, reçoivent un nombre d'appels beaucoup plus important que ceux qui ne le font pas...

Les vraies urgences (douleur paroxystique ou probl-me esthetique majeur) doivent être gérées en priorité. Dans ces cas-la, le Patient est prêt à accepter l'heure que vous lui proposerez. S' il refuse, c' est que l' urgence n' est pas si douloureuse.

Les solutions :

Ma première recommandation sera d'analyser les problèmes et leur fréquence ainsi que le pourcentage du temps requis pour ces procédures supplémentaires d'urgence.

D'autre part, signalons que, le nombre d'urgences dans un cabinet diminue lorsque le Praticien a pris l'habitude d'établir un plan de traitement pour chaque Patient.

Dans un autre ordre d'idée, un RDV d'urgence doit, autant que faire se peut, être le plus court possible : dans un agenda surcharge, il faut traiter le symptôme et non réaliser le traitement complet !!! La règle que nous préconisons est la suivante : si le traitement peut être refait entièrement dans le créneau horaire (10 a 15 mn max) de l'urgence alors il est possible de le refaire. Exceptionnellement, en cas d'urgence majeure, nous préconisons de reporter l'un des RDV suivants pour ne pas retarder l' ensemble des Patients. Le principe est de règler le problème sans perturber le planning de la journée. Ces recommandations peuvent faire chuter spectaculairement le nombre et la durée des urgences.

Après la priorité liée à la douleur, il est possible d'en établir une autre liée à la catégorie de Patients.

La priorité est généralement donnée aux Patients en cours de soins. En effet, ils comprendraient difficilement un refus alors que le prooblème survient après un traitement. Ma recommandation est alors de réviser les procédures opératoires (en particulier, vérifier les ciments utilisés pour sceller les provisoires). Je conseille également d'informer plus précisement le Patient sur les suites pos-opératoires normales afin qu'il ne s'inquiète pas inutilement.

La catégorie suivante de Patients à qui donner la priorité est celle de vos anciens Patients qui appellent en urgence. II va de soi que cette recommandation est valable pour les Patients sérieux et non pas pour ceux que j' appelle les "multirécidivistes" habitués à ne revenir chez vous que d'urgence en urgence et que vous ne voyez plus ensuite.

Concernant les urgences externes, il est important de savoir si vous avez confraternellement établi un accord avec un ou plusieurs cabinets environnants afin de gérer les urgences les uns des autres en l'absence de l'un des confrères ou consoeurs, ou s'il s'agit de cabinets qui vous adressent systématiquement leurs urgences pour ne pas désorganiser leur propre planning. Dans le premier cas, vous prendrez les urgences au même titre que les nouveaux Patients et dans l'autre, un appel au confrère s'impose pour redéfinir les règles du jeu.

Conclusion

En fonction du nombre moyen d'urgences quotidiennes, il est posssible de prévoir une plage d'urgence le matin et/ou Ie soir.

Les techniques décrites dans l' article ont fait leur preuve dans de nombreux cabinets. N'hésitez pas, malgré des réticences naturelles, à les appliquer. Ce sont de redoutables outils pour réduire votre stress au cabinet.

Edmond BINHAS


L'ACCUEIL DE FEMMES ENCEINTES AU CABINET DENTAIRE

Selon une étude américaine publiée dans le «Journal of the American Medical Association», les radiographies dentaires pendant la grossesse augmenteraient le risque de petit poids à la naissance.

Différentes études ont déjà souligné le lien entre l'exposition aux radiations ionisantes de la petite fille, de l'adolescente ou de la femme enceinte et une augmentation du risque de donner naissance à un bébé de petit poids (moins de 2,5 kg), rappellent les membres de l'équipe de médecins et de dentistes de l'université de Washington, à Seattle, conduite par le Dr Philippe Hujoel.

Mais ces différentes données concernaient principalement l'exposition à des doses importantes de rayonnements (comme les radiothérapies faisant partie du traitement des cancers de l'enfant) ou à des irradiations portant sur tout l'organisme (radiographie de la colonne vertébrale pour détecter une scoliose, par exemple).

Jusqu'ici la question du lien entre I'exposition de la mère aux rayonnements et le petit poids de naissance de l'enfant est donc restée en suspens, explique le Dr Philippe Hujoel : résulte-t-il de l'atteinte directe des organes reproducteurs par les radiations ou de l'atteinte de la fonction de la thyroïde ?

Cette glande, située dans le cou, libère notammment des hormones indispensables à la croisssance et à la maturation du système nerveux, sous l'influence d'autres hormones sécrétées par deux structures cérébrales : l'hypothaalamus et l'hypophyse. Léchange d'informaations nerveuses et hormonales entre toutes ces structures, reliées dans un réseau d'interactions complexes connu sous le nom d'axe hypothalamo-hypophysaire, module notammment la libération d'hormones de croissance ou d'hormones sexuelles féminines. Or les radiographies dentaires s'accompagnent d'une irradiation ciblée de l'axe hypothalamophyso-thyroïdien, pour laquelle l'importance de l'exposition peut être évaluée, note le Dr Philippe Hujoel.

Information à recueillir auprès de toute femme en âge de procréer : Toujours interroger sur un éventuel état de grossesse à toutes les étapes de prise en charge (rdv, accueil, réalisation de l'acte)

 

 

Benjamin Ramond, Bureau Veritas

 

 

 

 


RISQUES ?

II faut savoir qu'une radiographie rétro-alvéolaire correspond à moins de 1 mGy (moins pour les numériques) ; cela correspond au pire (selon l'angulation) à 1 pGy d'exposition au niveau de l'utérus. Or selon un consensus, au-dessous de 100 mGy, il n'y a pas d'incidence probable sur le foetus.

Le tablier de plomb en cabinet dentaire qui recouvre le ventre des futures mamans est donc un placebo ... Car effectivement, l'organe le plus sensible et donc à protéger est la thyroïde de la patiente.

L'étude référée dans l'article de Benjamin Ramond est à prendre en considération, surtout pour les praticiennes qui doivent absolument sortir de la pièce lors de la prise des clichés mais bien entendu aussi pour les patientes pour lesquelles il est recommmandé au moins de faire porter un collier thyroïdien.

Mais tous les auteurs s'accordaient à dire que les examens justifiés chez la femme enceinte n'avaient pas lieu d'être différés. Cette étude remet les choses en quesstion...

II est aussi important de savoir que nos doses en cabinets dentaires seraient sussceptibles d'altérer la prée implantation de l'ovaire féconde dans l'utérus.

 Par contre au dessus de 100 mGy, on disstingue 2 périodes critiques : l'organogénèse du 9ème au 60ème jours où il y a des risques malformatifs majorés, et au niveau du foetus du 60ème au 270ème jours où là aussi des malformations sont possibles.

A priori la fin de la grossesse ne serait plus une période à risque.

 Dr Karine GUITARD


DOMIDENT 31

Depuis une quarantaine d'année, le vieillissement de la population française augmente régulièrement. Avec l'accroissement de l'espérance de vie, apparait le problème de la dépendance des personnes âgées. Beaucoup de familles se trouvent confrontées au problème de la prise en charge de l'un des leurs, parents ou grands-parents, devenu dépendant, pour lequel il faut réorganiser tout un cadre de vie et de soins. Les professionnels de santé sont particulièrement exposés à la prise en charge spécifique de ces patients vulnérables et aujourd'hui ils ne peuvent ignorer le problème de la dépendance.


Parmi eux, les chirurgiens dentistes ont un défi à relever. Se déplacer pour aller soigner des personnes sur leur lieu de vie constitue une des difficultés auxquelles les praticiens sont de plus en plus confrontes : techniques de soins spécifique, achat de matériel spécifique onéreux (mallette de soins), gestion d'emploi du temps difficile, rémunération des actes inadaptée.

 

De cette réflexion est née DOMIDENT 31. Présent sur le secteur de TOULOUSE et de ses environs, DOMIDENT 31 assure des soins bucco-dentaires ambulatoires auprès des personnes âgées dépendantes sur le lieu de vie habituel (à domicile ou en institution). Une trentaine de praticiens libéraux ont signé la charte de DOMIDENT 31. Ils ont été sollicités pour réaliser des soins auprès de cette population qui n'avait plus accès aux soins bucco-dentaires. En fonction du lieu géographique, des besoins du patient, le chirurgien dentiste coordonnateur de DOMIDENT 31 se met en relation avec le praticien membre disponible sur le secteur : la situation clinique est précisée (état général, antécédents médicaux, degré de dépendance) et le matériel transportable, adapté, ergonomique est acheminé. Le praticien peut alors intervenir dans des conditions sanitaires performantes.


DOMIDENT 31 est un outil au service :

- des personnes âgées dépendantes pour lesquelles la sante bucco-dentaire joue un rôle capital dans la nutrition et contribue ainsi au maintien et à l'amélioration de leur état général et de leur qualité de vie,

- de leur famille qui sont couramment confrontées aux difficultés de la prise en charge de leurs aînés,

- des chirurgiens dentistes qui trouvent un soutien logistique et technique au service de leurs patients âges fragilisés,

- des professionnels de la gériatrie (médecins, infirmières, auxiliaires de vie, .. etc.) qui trouvent un interlocuteur pour résoudre les problèmes bucco-dentaires.


La reconnaissance officielle des partenaires publics, privés (Conseil de l'Ordre, ARH, URCAM, Fondation de France) et les financements accordés montrent que DOMIDENT 31 répond de façon concrète et efficace à un besoin de santé publique actuel.
A présent, les perspectives de DOMIDENT 31 sont nombreuses : élargissement du secteur géographique, mise en place d'actions de formation, prise en compte du déplacement ...
II faut souhaiter que DOMIDENT 31 puisse se développer davantage et que s'épanouisse ce projet à la fois ambitieux et pragmatique, inscrit dans une démarche de solidarité entre les générations, entre les professionnels de sante avec pour horizon l’amélioration de la qualité de vie et de soin de nos aînés.


Dr Marie-Hélène LACOSTE-FERRE Présidente - Coordonnatrice du réseau DOMIDENT 31
 


HANDIDENT NORD

Dans Ie Nord Pas de Calais, un réseau régional d'accès à la santé bucco-dentaire pour personnnes en situation de handicap existe depuis mai 2004 :  HANDIDENT

Ce réseau a été crée par l'association des paralysés de France et le conseil régional de l'ordre des chirurgiens-dentistes, suite à la loi du 4 mars 2002 (solidarité envers les personnes handicapées

 

Handident a plusieurs objectifs :

Tout d'abord, rassembler différents acteurs motivés par l'approche et les soins des personnnes handicapées et les faire se rencontrer lors de formations. Nous avons eu, par exemple récemment, une journée sur la trisomie 21 avec le docteur Chelala, un pédiatre du SESSAD et Martine Hannequin de I'UFR de Clermont- Ferrand.

Cette journée s 'adressait tant aux chirurgiens-dentistes, qu'aux médecins, aux infirmières de centres d'handicapés, psychomotriciennes, etc..

Ensuite, développer la prévention au sein même des centres accueillant des jeunes handicapés : par la formation du personnel soignant encadré par des chirurgiens-dentistes en adaptant Ie brossage en fonction du handicap, et par des dépistages.

Enfin l'association aide à l'accessibilité des cabinets dentaires des praticiens adhérents, notamment l'accès pour les fauteuils roulants. Handident est financé par une dotation régionale pour le financement des réseaux URCAM et ARH.

Quelques chiffres : sur 94 personnes en situation de handicap dans un centre de la région, 29% n'ont jamais vu de dentistes, 67% ont besoin de soins et 57% ont une hygiène bucco dentaire insuffisante.

Les praticiens adhérents ont une formation à la sédation consciente devant permettre des soins en cabinet dentaire de ville.

Si l'exécution des soins demeure trop difficile, il se met en place dans la région des cabinets en milieu hospitalier ayant la possibilité d'utiliser la sédation par le MEOPA, mélange équimolaire d'oxygene et de protoxyde d'azote.

Enfin il reste en dernier recours la pratique des soins, toujours en milieu hospitalier, avec un dentiste ou un stomatologue travaillant sous anesthésie générale.

Les 118 Praticiens adhérents à l'association Handident doivent sortir de l'empathie pour eêtre efficaces auprès des personnes des 87 établissements sanitaires de la Région.

Grâce au réseau ils ont la possibilité de se former, afin de ne pas laisser tomber ces patients. II ya un numéro d'appel et Hassina Guerroumi, la directrice, est là pour aider les parents d'enfants, les personnels soignants des centres et les praticiens afin de trouver la meilleure solution.

Dr Catherine Flechel, adhérente Handident


PERSONNES HANDICAPEES - NORMES D'ACCESSIBILITE

La loi sur l'égalité des chances du 11 janvier 2005 avait promis aux personnes handicapées, des lieux de vie plus adaptés aux handicapés.

Il a fallu attendre longtemps l' arrêté permettant l'application de ces principes. C'est désormais chose faite avec l'arrêté du 30 novembre 2007.

Le principe

Le texte précise les nouvelles règles d'accessibilité des personnes handicapées dans les consstructions neuves et s'applique à toute rénovation demandant un permis de construire.

Les obligations

Dans les parties communes, neuves ou renovées, l'espace doit être suffisamment large pour qu'un fauteuil roulant puisse faire demi-tour et ne doit pas être un parcours semé d'embuches. L'ascenseur, obligatoire dans les immeubles de plus de trois étages (R+3), doit desservir chaque niveau. Les parkings doivent être accessibles en fauteuil roulant.

Une attestation de travaux

Dans les batiments neufs, c'est le promoteur qui doit respecter les normes et les intégrer dans son cahier des charges. Dans les travaux de rénovation, c'est l'attestation d'un contrôleur technique qui fera foi. L'accessibilite des batiments aux personnes handicapées doit être attestée en fin de travaux.

Un arrête du 22 mars 2007, paru au JO du 5 avril 2007, définit les modalités d'application du décret n°2006-555. Il fixe les dispositions relatives a l'attestation constatant que les travaux sur certains batiments respectent les règles d'accessibilité aux personnes handicapées.

Les exceptions

Lorsque techniquement, il est impossible de réaliser ces travaux dans l'immeuble existant ou que ces travaux nuiraient à la qualité architecturale d'un édifice inscrit ou classé, le préfet peut accorder une dérogation.

Depuis le 1er janvier 2007, à l'issue de tous travaux soumis a permis de construire, les maîtres d'ouvrage doivent fournir aux autorités administratives, une attestation de prise en compte des règles d' accessibilité des bâtiments aux personnes handicapées. Cette nouvellle obligation résulte de la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances qui l'a introduite dans l'article L. 111-7-4 du code de la construction et de l'habitation. La forme et le contenu de cette attestation sont définis dans les articles R. 111-19-21 à R. 111-19-24 du code de la construction résulltant du décret n° 2006-555. Cette attestation doit être établie à l'issue des travaux. Elle peut être établie soit par un contrôleur technique agréé, soit par un architecte, autre que celui qui a signé la demande de permis de construire.

Le maître d'ouvrage est tenu de l'adresser à l'autorité qui a délivré le permis de construire et au maire de la commune où ont été réalisés les travaux, dans un délai de 30 jours à compter de la date d'achèvement des travaux. Des sanctions pénales sont prévues en cas de non respect de ces obligations.

Ces nouvelles contraintes sont en fait des prises en compte de « l'handicap» qui peut toucher chacun d'entre nous. Bien des circonsstances de vie réduisent la mobilité, la vieillesse comme la petite enfance d'ailleurs.

Qui n'a jamais trébuché sur une petite marche de 5 cm non visible! ! !

Prendre des mesures pour rendre notre cabinet accessible peut résulter plus d'une philosophie de vie que d'une démarche obligatoire et contraignante. Les principes d'application résulteront alors du bon sens.

 

Dr Marie BRASSET


PRISE EN CHARGE DES PERSONNES AGEES DEPENDANTES

Depuis quelques années, nous sommes régulièrement sollicités par le personnel de l'EHPAD de notre ville (Établissement hospitalier de personnes âgées dépendantes) pour prendre en charge les soins dentaires de certains pensionnaires. Les vacations dentaires dans les EHPAD sont inexistantes et les locaux inadaptés à la réalisation de soins dentaires dans des conditions favorables. Par ailleurs, il existe bien une mallette portable mise à disposition des praticiens par chaque Conseil Départemental de l’Ordre des chirurgiens-dentistes, mais son accès est mal aisé à cause de l’éloignement géographique entre les locaux de l'ordre et les locaux des EHPAD.

Pour les personnes à mobilité réduite ou celles qui sont alitées, je me rendais parfois sur place pour la première consultation. Cette visite me permettait de faire connaissance avec le patient, de contrôler son état bucco-dentaire (hygiène, besoin de soins), d’entendre sa demande et de vérifier sa possibilité de coopération et de déplacement. Il n'est pas vraiment facile d'effectuer des soins sur place (empreinte de réparation de prothèse, essayage, livraison de prothèse adjointe, etc). Ce n'est pas très confortable, ni pour le patient ni pour le praticien, mais cela permet parfois d'économiser du temps et du personnel. De plus les personnes âgées adorent avoir de la visite même si c'est le dentiste !

Organiser le déplacement du patient jusqu'au cabinet dentaire demande quelques efforts personnels : il faut prendre contact avec le médecin traitant, le personnel médical de l'EHPAD, la famille (ou le tuteur) et la personne de l'établissement (ou l'ambulancier) qui est chargée de véhiculer la personnes âgée. Bien sur il faut, pour cela, que l'accès du cabinet soit aux normes.

La prise de contact avec le médecin traitant est importante : il délivre le bon de transport pour le déplacement des patients et nous renseigne sur leur état de santé, les contre-indications de soins et les médications en cours : environ 70% d’entre eux révèlent des atteintes neurologiques et cardio-vasculaires et dans la majorité présente des pathologies associées (métaboliques et endocriniennes, rhumatologiques, respiratoires, pertes sensorielles...). La polymédication et les effets secondaires sont très fréquents (hypofonction salivaire due aux psychotropes par exemple).
Les renseignements administratifs du patient (état civil, n° de sécu, ALD, famille ou tutelle à contacter, etc.) sont établis à l'aide du secrétariat de l'établissement.

L'organisation du transport du patient et son transfert sur le fauteuil dépendent toujours de son état de santé et de sa mobilité : valide, en fauteuil roulant ou alité. Dans tous les cas le fauteuil doit être accessible et adapté. Lorsque le déplacement nécessite une organisation compliquée, il est préférable de prévoir des séances assez longues pour éviter des voyages trop répétés ; mais attention à bien respecter les possibilités physiques d’un patient toujours fragile et se fatigant rapidement (la moyenne d'âge des résidents est de 83 ans). Les soins peuvent alors être réalisés et une fois terminés le retour est organisé de la même façon. Il peut être nécessaire de revoir le patient pour un contrôle, je me rend alors à son chevet pour voir s'il a bien supporté cette «aventure». Il est utile, pour le suivi du patient par les infirmier(e)s et le médecin traitant, de réaliser une fiche de liaison pour noter tous les soins réalisés et à réaliser et transmettre des directives de suivi des soins (médication, repas...).

 

La santé bucco-dentaire des personnes âgées dépendantes doit être améliorée : locaux disponibles et adaptés, facilités d'accès aux soins dentaires pour tous, motivation des familles et du personnel médical, prévention, création de postes supplémentaires de personnel soignant correctement formés... mais il serait, déjà, judicieux de mettre en place des visites de contrôle systématiques pour les résidents en EHPAD.

Dr Patricia HUEBER-TARDOT