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La révolution du pantalon

09.11.2010

Slim, droit, patte d’éph, tweed, jean, polyester….qui songerait aujourd’hui à contester le port par les femmes de ce vêtement. 

Objet de pouvoir ? ou révolution de mœurs aux conséquences innombrables sur la redéfinition des rapports sociaux.

Cet objet ordinaire a modifié les rapports sociaux depuis les années 1970.

Christine Bard, dans «Une histoire politique du pantalon» y consacre une étude de 400 pages.

Avant elle, Daniel Roche avait publié en 1989 «La culture des apparences. Une histoire du vêtement»

Ce sont tous les deux des historiens de la culture matérielle*.

Que nous apprend «l’histoire de la culture matérielle»?

Un phénomène décisif que nous avons tendance à minimiser. Aux deux extrémités de la consommation, luxueuse ou populaire, les femmes représentent les acteurs principaux du changement, ce sont elles qui généralisent les nouveaux objets. Raconter les aventures du pantalon, c’est exhiber la manière dont les tensions du masculin et du féminin électrisent le tissu social et politique.

«QUI CULOTTE A, POUVOIR A » !!!

Dès le début du XVIII° siècle, le pantalon est adopté par les hommes des classes supérieures, signe de puissance sociale.

La révolution française gomme ces inégalités par le décret du 29 octobre 1793. Mais une ordonnance de novembre 1800 du préfet de Paris interdit le port du pantalon aux femmes. CETTE ORDONNANCE EST TOUJOURS EN VIGUEUR malgré la demande d’abrogation par certains députés !!!

La révolution des mœurs post-1968 a imposé le pantalon qui est devenu accessoire de mode.

Hier emblème d’émancipation, serait il devenu aujourd’hui emblème d’oppression ?
Le port du pantalon est toujours interdit dans certaines parties du monde, par certains dogmes partout sur la planète.

A l’inverse aujourd’hui, pour nos jeunes, c’est la jupe qu’il est difficile de porter sous peine de passer pour une « allumeuse ».
Le phénomène est particulièrement observé dans les quartiers sensibles, mais pas seulement.

La liberté d’action, de pensée des femmes, peut être remise en cause sans que personne n’y prête attention. La culture des apparences a certainement plus d’impact sur les changements de rapports sociaux… restons vigilantes.

*L’histoire de la culture matérielle étudie la façon dont les objets ordinaires ont bouleversés la vie sociale et la redéfinit.