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La Prévention

18.09.2011

Le 6 septembre 2011, François Bourdillon Président de la commission prévention du haut conseil de santé publique était interrogé par Olivier Lyon Caen sur France Culture.

Voici l’essentiel de l’émission. 

Selon la définition de l’OMS, une bonne santé est l’expression du bien être social, physique et mental.

Si on a autant gagné en démographie en Europe et dans le monde, c’est grâce  à la vaccination, au dépistage, à l'hygiène, à l'eau potable et la qualité de l’alimentation.

On a gagné en espérance de vie et qualité de vie. Sauf pour l’ex URSS où les conditions de vie se dégradent ; l’alcoolisme et le système de santé défaillant sont les principales causes de ce déclin.

Le but de la prévention est la pratique d’une médecine sans malade. On parlera de prévention primaire et de prévention secondaire.

La prévention primaire :
La vaccination, le dépistage, la qualité alimentaire et le cadre de vie.
Pour être efficace et avoir un intérêt, la prévention primaire doit au moins toucher 70% de la population.
Exemple de succès : la mammographie, dans le but de dépister un cancer du sein a permis de réduire de 30% le taux de mortalité du à ce cancer.
Échec : le dépistage du VIH, 5000 personnes sont dépistées chaque année, on estime à 7000 leur nombre réel.
Il y a donc nécessité de construire une politique de prévention qui n’est pas simplement une affaire de moyens.

La prévention secondaire :
Lorsque la maladie est survenue, il faut éviter la rechute. Ceci à un coût qui permet un gain en qualité de vie et dépendance.
L’arrêt maladie permet aux malades de ne pas décrocher par rapport au travail.
L’activité physique contrôlée après une opération du cœur est une mesure préventive.

Mais promouvoir la santé est une idée profondément politique. Les inégalités sociales transparaissent ; l’indice carieux est un exemple flagrant.
Lorsqu’on essaie d’agir sur les comportements, on introduit la notion de société normative.
Il faut donc trouver un équilibre entre l’atteinte à la liberté des individus et l’expression de cette liberté.
On doit donc informer pour que la personne puisse faire son choix en connaissance de cause.

La prévention introduit une autre notion, celle du risque : la probabilité de tomber malade.
L’analyse de certaines substances et leur effet sur l’organisme, l’influence des dommages sociaux : violences familiales, incivilités...etc, conduites à risques.
Mais trop d’interdits est source de vie sans plaisirs, et la porte ouverte à une forme de totalitarisme introduite déjà dans les manuels d’éducation de la jeunesse hitlérienne.
Donc, attention de ne pas anéantir la notion de plaisir qui est aussi un équilibre de vie.

Une politique de prévention doit respecter le libre choix de l’individu, cet individu ayant été informé des risques. Très difficile de mesurer ce risque et d’apprécier le plaisir du moment.
L’âge de l’individu entre aussi en ligne de compte. Et là, les moyens d’information prennent leur importance.
Ex : la cigarette, on évite de montrer des stars en train de fumer.
Les inégalités en matière de santé sont de plusieurs ordres. Désert médical, être ouvrier ou employé, les conditions de travail, la diminution des moyens financiers… autant de facteurs qui devraient voir la médecine scolaire et du travail se développer.

Quels sont les obstacles au développement d’une médecine préventive ?
Malgré la loi et les moyens mis en œuvre, les lobbies des différents secteurs freinent l’application des lois. Exemple, l’alcool et le tabac.
On peut multiplier les exemples, l’enjeu de la médecine préventive demain est de se donner les moyens d’informer le plus grand nombre.
J’ajouterai, la démographie médicale et dentaire ne pourra couvrir les besoins demain, nous le savons…Prévenir cela veut dire aussi former des personnes pour délivrer les messages  outre les moyens déjà mis en œuvre. Pour notre secteur d’activité, réfléchir au rôle des hygiénistes et leur terrain d’action est une voie d’avenir.