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L'ankylose dentaire

01.06.2007

L'ankylose d'une dent peut être définie comme la fusion anatomique du cément et de l'os alvéolaire avec disparition de l'espace ligamentaire entraînant une véritable ostéo-intégration. Elle peut être partielle ou totale. Un ou plusieurs points d'ossification bloquent la croissance verticale alvéolaire et la dent concernée va se trouver, au fur et à mesure de la croissance basale de plus en plus en situation d'infraclusion par rapport aux dents voisines.


L'ankylose des dents temporaires :

L'infraclusion des molaires temporaires est un phénomène fréquent chez l'enfant, elle affecte une ou plusieurs molaires. Cette anomalie serait systématiquement associée à une ankylose histologiquement démontrée. Son étiologie est toujours inconnue actuellement. L'atypie de position ou l'agénésie du germe de la dent définitive constituent des facteurs favorisants mais non déterminants. Les dents antérieures ne sont pas impliquées sauf en cas de traumatisme. L'ankylose n'empêche pas la rhizalyse, à condition que le germe de la dent définitive soit présent. L'infraclusion, seul signe clinique manifeste, n'est que la conséquence d'un défaut de croissance en hauteur des procès alvéolaires de la dent ankylosée. Cette dent se maintient dans une position fixe alors que la croissance verticale alvéolaire se poursuit au niveau des dents voisines. Cette situation ne correspond pas à une ré ingression. Cette ankylose provoque une perte des points de contact qui aboutit à la version des 2 dents adjacentes.

L'ankylose des dents définitives :

Ankylose naturelle :

L'ankylose des molaires permanentes est 10 fois moins fréquente que celle des dents temporaires. Elle intéresse la 1ère et la 2ème molaire qui arrête son éruption avant d'entrer en contact avec son antagoniste. Son étiologie est aussi inconnue.

Ankylose post-traumatique :

Suite à une avulsion, quel que soit le stade de maturation de la dent, les principes du traitement sont les mêmes : réimplantation et contention mais dans la plupart des cas la consolidation et l'ankylose sont concomitantes. Les traitements endodontiques des dents réimplantées n'augmentent pas le risque d'ankylose.

Attitude thérapeutique face aux dents ankylosées

Les extractions précoces, et systématiques ne se justifient pas toujours.

L' ankylose des dents temporaires :

On peut affirmer le caractère irréversible de l'ankylose sauf en cas de résorption totale des racines par le germe de la dent définitive. La question est de savoir à quel moment extraire.
Lorsque l'infraclusion dépasse 2 mm, l'extraction est recommandée à condition de placer rapidement un mainteneur d'espace. La luxation chirurgicale est inutile, l'ankylose récidive après l'intervention.

Pour les infraclusions inférieures à 2 mm une reconstitution de la couronne et des points de contact par un composite peut être une solution transitoire mais dans les cas d'agénésie du germe sous-jacent, cette reconstitution peut rapidement devenir iatrogène pour le parodonte.

L'ankylose des dents définitives :

Le pronostic est rarement favorable. Si l'ankylose est peu étendue, une manoeuvre qui mobilise la molaire afin de rompre le pont osseux jusqu'à libérer l'ankylose peut être envisagée. Lorsque cette manoeuvre reste infructueuse, soit la croissance du patient est terminée et une reconstitution coronaire pourra être envisagée quand l'infraclusion n'est pas trop importante, soit le potentiel de croissance persiste et il est plutôt recommandé d'extraire la molaire.

Ankylose post-traumatique :

Soit on conserve de la dent ankylosée : Il faut alors la mobiliser pour rompre l'ankylose et la dent peut alors évoluer normalement sur l'arcade.

Soit on enlève l'incisive ankylosée : Dans le cas ou une incisive s'ankylose après un traumatisme ou après une réimplantation, l'attitude thérapeutique dépend de la quantité de croissance verticale alvéolaire résiduelle.

Chez un enfant jeune avant ou pendant le pic de croissance la meilleure solution est certainement l'extraction ultérieure. Si un traitement orthodontique est nécessaire une dent prothétique est fixée sur l'arc et ensuite dans l'appareil mobile de contention. Un implant ou une reconstitution prothétique sera envisagée en fin de croissance.

Au contraire, chez un patient en fin de croissance la dent ankylosée pourra éventuellement être conservée si la quantité de croissance alvéolaire restante n'est pas trop importante.