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Atteintes à la déontologie : les limites de l'adaptation

14.01.2017

Le Code de déontologie est bien plus qu’un code de bonne conduite, qui protège le plus faible des abus du plus fort. C’est le cadre de notre profession, un pilier fondamental qui lui donne sens. Il est applicable à tous les praticiens quel que soit leur mode d’exercice (libéral, salarié, vacataire, hospitalier, dentiste conseil,….)

Le Code de déontologie, c'est notre code de la route, celui qui permet que personne ne se fasse écraser. Les sanctions peuvent aller jusqu'à l'interdiction définitive d'exercer.
Comme toute loi, parce qu'il est protecteur, le Code de Déontologie est contraignant. Il impose des limites qui sont toutes basées sur ce principe : la chirurgie dentaire ne peut être exercée comme un commerce.

Depuis un certain nombre d'années, nous assistons à son attaque insidieuse, par petites touches, mais méthodique.

Là c'est du lourd : la déontologie est décrétée, comme de plus en plus de lois, être un frein au développement économique !

Et dans un même mouvement, le développement économique des cabinets pourrait être stoppé net par le plafonnement des honoraires de prothèse.

Ce n'est ni plus ni moins que pousser les chirurgiens-dentistes à créer de nouvelles activités économiques, hors code de déontologie, donc commerciales.

Des ventes de brosse à dents au cabinet à la vente de ses cas cliniques documentés sur des sites de formation continue en ligne, des locations de plateaux techniques à d'autres confrères à la création de centres low-cost dans lesquels travailleraient les jeunes chirurgiens-dentistes ou les confrères venus de pays européens au niveau de vie plus faible, tout peut être imaginé.

Chacun, voyant le tsunami arriver, se replie dans un réflexe de survie, pensant qu’il pourra s'en sortir en étant plus malin, plus travailleur que les autres.

C'est oublier que sur le terrain commercial, nous attendent en salivant les grandes chaines de distribution et les investisseurs cotés en bourse. Ils ont l'oreille bien attentive de nos gouvernants, quels qu'ils soient d'ailleurs, auxquels ils assurent qu’eux sauront casser les prix des prothèses en faisant jouer la concurrence.

D'autres parmi nos confrères, se voient déjà jouer au Monopoly en rachetant les petits cabinets pour faire des grands centres de production de soins à bas coûts.

Quant aux plateformes commerciales, elles n'attendent que ça pour enfin développer ce que la Loi Leroux, l'ANI et la loi de santé leur autorisent et encouragent vivement à faire !

Sur le terrain commercial, nous perdrons. Non parce que nous sommes stupides, fainéants ou ringards, mais parce que nous sommes des SOIGNANTS, et qu'un patient ne consomme pas plus une carie qu'un cancer.

L'Espagne est un précédent très intéressant. Rappelez-vous l'article que nous avions écrit en novembre 2014 ICI.
Au final, nous sommes tous perdants (patient, praticien, santé publique, sécurité sociale, Etat, et complémentaires), sauf les investisseurs financiers et les plateformes commerciales qui ont parié sur la croissance économique du secteur de la santé.

Les chirurgiens-dentistes perdent leur âme en devenant des producteurs de soins à la chaîne, pour le compte de firmes.

Avec ces derniers textes, les limites de l’adaptation de nos cabinets sont atteintes.

Le SFCD